Episodes 1 & 2 Buenos Aires Episodes 3 & 4 Colonia de Sacramento Episode 5 San Ignacio Episode 6 Missiones Episode 7 Chutes d'Iguazu Episode 8 Mercedes Episode 9A Ibera Episode 9B Ibera Episode 10A Salta Episode 10B Johanna et Charly Episode 11A Humahuaca Episode 11B 2ème jour dans la Quebrada de Humahuaca Episode 11C 3ème jour dans la Quebrada de Humahuaca Episode 12 Calchiques Episode 13 Quebrada de Cafayate Episode 14 Tucuman Episode 15A San Augustin Episode 15B Talampaya et Valle de la Luna Episode 16 Mendoza Episode 17A San Bernardo Episode 17B San Bernardo - Salto Episode 18 Mendoza Episode 19 En route pour le Chili Episode 20 Vaparaiso Episode 21 Maitencillo Episode 22 Santiago de Chile Episode 22B Tigre Episode 23 Bariloche Episode 24 Esquel Episode 25 El Calafate Episode 25B Glacier Perito Moreno Episode 26 El Chalten Episode 27 Torres del Paine Episode 28 Terra del Fuego
Dernière étape de mon parcours : la terre de feu ! Malheureusement, il ne me reste que quelques jours, et je dois donc optimiser ma fin de voyage : je choisis de voir la Terra de Fuego ; exit donc Puerto Madryn et ses animaux marins ; exit la Pampa et ses gauchos ; exit Cordoba et Rosario, deux des villes les plus intéressantes d’Argentine. Un mois de plus, voilà se qu’il aurait fallu pour vraiment boucler le pays ; et pourtant, comme vous avez pu le constater, je n’ai pas traîné ! Mais bon, je ne vais pas me plaindre !
Mercredi 26 novembre, je quitte Puerto Natales au Chili pour 12 heures de bus ; destination Ushuaia !
Nous traversons le détroit de Magellan sur un ferry :
De l’autre côté, c’est…LA TERRA DEL FUEGO !!!!
Un passage de frontière de plus (car seulement la partie blanche de la Terre de Feu sur la carte appartient à l’Argentine ; tout le reste, c’est le Chili !), et je suis à nouveau en Argentine !
Nous arrivons à Ushuaia vers 21 heures ; je dois tout de suite dire que je n’ai pas tellement aimé cette ville pourtant légendaire : dans mon esprit, Ushuaia représente la fin du monde civilisé ; j’imaginais la ville comme un sorte de port perdu, un village authentique, aux conditions de vie rudes, et aux habitants pittoresques. Il n’en est rien, bien au contraire : station balnéaire friquée, rues bondées d’étrangers et de touristes, tarifs démentiels, magasins de fringues européennes, mauvais restaurants chics et bars lounges hors de prix, et j’en passe… C’est tout sauf… authentique ! Il n’y a d’ailleurs pas beaucoup de natifs de la région qui habite la ville ; pour la plupart, se sont tous des professionnels du tourisme. Et pourtant, cela reste mythique et le monde entier vient voir la ville la plus australe du monde ! Sauf que se n’est même pas vrai ! La ville la plus australe du monde se trouve de l’autre côté du canal de Beagle et se nomme Port Williams (Chili) ! C’est incompréhensible ! Bon, il faut quand même reconnaître que toute la région autour, la terre de feu, est sauvage et magnifique, mais la ville en elle-même n’a vraiment rien d’intéressant. Pas de photo du centre ville, ça n’en vaut pas la peine, à moins que vous aimiez voir les rues de Megève ou de Courchevel. Car Ushuaia a beau être au bord du canal de Beagle, donc de l’océan, c’est une ville de montagne, entourée par le début de la chaîne des Andes.
Timing oblige, j’enfreins ma règle « pas plus de deux nuits à un endroit », car je passe quatre jours à Ushuaia.
Je vais dans le parc de la Terre del Fuego pour quelques balades et marches sur les sommets autour de la ville. Mais le meilleur du séjour, ce sera cette navigation en bateau catamaran sur le canal de Beagle. Si vous regardez la carte de la terre de feu, vous constaterez que le détroit de Magellan n’est pas le seul passage pour relier les deux océans ; il y a, plus au sud, un couloir nommé canal de Beagle, d’à peu près 5 km de large ; Ushuaia borde ce canal ; de l’autre côté, c’est le Chili.
J’ai de la chance, le jour de navigation fut une magnifique journée ensoleillée et sans vent :
Calme plat sur l’horizon :
Nous rencontrons des petites îles avec des lions de mer (espèce d’otarie) et des cormorans marins :
Le phare :
Port Williams, la ville réellement la plus australe du monde, et bien plus authentique qu’Ushuaia :
Tiens, des orques ; a priori, ce sont les premiers à remonter le canal cette saison :
Une plage de pingouins :
L’estancia Harberton, la plus ancienne et l’une des plus célèbre de la Terre de Feu :
Un soir, je vais manger une araignée de mer au restaurent Volver, l’un des restaurants de poissons et fruits de mer les plus célèbres d’Ushuaia ; d’ailleurs, dans la liste « des 100 choses à faire avant de mourir », il y a : manger au restaurant Volver, à Ushuaia ! J’ai surtout la surprise d’y rencontrer complètement par hasard mon couple de Gallois Rebeca et Dai (rencontré il y a 2 semaines Esquel). Coïncidence !!! Dai (prénom typiquement gallois) est vraiment un personnage, « welsh » jusqu’au bout des doigts (il dit d’ailleurs : Je ne suis pas anglais ! Non, surtout pas ! Mais j’aime quand même un peu les anglais, car j’en ai marié une ! (Rebeca est anglaise). Il parle couramment le gallois, et revendique sa nationalité ; mais toujours avec cette humour très… anglais. Il me parle de ce village au nord du pays de Galles, connu pour avoir le nom le plus long du monde :
LLANFAIRPWLLGWYNGYLLGOGERYCHWRNDROBWLLLLANTISIOLGOGOGOCH
Traduction en anglais : The church of St. Mary near a hollow by the white hazel tree near to the rapid whirlpool by the church of St. Tisilio near the red cave ! Le panneau à la gare ferroviaire de ce village est aussi long que le quai !
Nous sympathisons vraiment, et ils m’invitent d'ores et déjà à venir visiter le pays de Galles ; ils vivent à Swansea, et leur maison est une vieille demeure d’il y a un siècle et demi, avec 6 chambres !
Je passe également une soirée avec Johanna et Charly (ils sont aussi arrivés à Ushuaia) ; je retrouve Valentine, un Barcelonais déjà croisé à El Chalten ; et puis, dans mon hôtel, il y a une ambiance « à la bonne franquette » ; je rencontre et sympathise avec des tas de gens : Luca (Argentin), Marilyne (Québécoise), et la petite Luna, leur petite fille, propriétaires de « La Cruz del Sur », mon hôtel à Ushuaia. Angela, de Italia Adolfo, de Madid, España Barbara, de Cordoba, Argentina Iquerit, de Bilbao, España Mickael, from Belfast, Ireland Monica et Marina, de Buenos Aires, Argentina.
Merci à eux pour tous ces bons moments !
Voilà, c’est la fin ! Le dimanche 30 novembre, je prends un vol direct pour Buenos Aires ; je retrouve mon hôtel dans le quartier de San Telmo avec cette étrange impression de redécouvrir une ville visitée il y a des années, car depuis deux mois tellement intenses, j’ai cette curieuse nostalgie à réarpenter la capitale !
Je profite une dernière fois des restaurants de viande gargantuesque de la ville ; je flâne place Dorrego, à San Telmo afin d’y admirer les danseurs de tango de rue ; je me rachète quelques tee-shirts de Boca Junior dans le quartier de la Boca ; je prends un verre avec Monica et Mariana, les deux porteñas rencontrées à Ushuaia ; bref, une seule journée, mais bien remplie, avec toujours ce sentiment bizarre et très mélancolique de fin de voyage !
Je me promets de revenir dans cette ville et dans ce pays !
J’écris ces dernières lignes à l’aéroport, où j’attends mon embarquement vers Paris, via Madrid ; Merci à tous pour votre enthousiasme et vos retours positifs à ce petit journal ; moi aussi je dois dire que je me suis pris au jeu à écrire ces quelques récits ! Je suis triste de rentrer, mais je vais retrouver la plupart d’entre vous, et cela me console un peu !
Pour finir, je me dois de vous donner quelques nouvelles de Boca Junior, car j’ai été un peu négligent sur le sujet depuis quelques semaines : et bien tout va bien pour Boca ! 3 victoires, 1 défaite, conjugué à des défaites et matchs nul de ses rivaux, font que Boca est maintenant premier avec 2 points d’avance sur Tigre et San Lorenzo ! BOCA ! BOCA ! BOCA ! BOCA ! BOCA ! BOCA ! BOCA ! BOCA ! BOCA ! FIN !
« Le Parc National Torres del Paine (Parque Nacional Torres del Paine) est un parc national du Chili situé entre la Cordillère des Andes et la steppe de Patagonie. Administrativement, il appartient à la XIIe région de Magallanes et de l'Antarctique chilien et à la province de Última Esperanza D'une surface de 181 414 hectares (ou 242 242 ha selon les sources), le parc fut créé le 13 mai 1959. Il a été déclaré réserve de biosphère, le 28 avril 1978 par l'UNESCO.
Ce parc est géré par un organisme étatique chilien, la Corporación Nacional Forestal (CONAF). Il est situé à 112 km au nord de Puerto Natales et à 312 kilomètres de la ville de Punta Arenas. Il est limité au nord par le Parc national Los Glaciares, en Argentine. Sa principale fonction est la conservation des paysages, des écosystèmes, des espèces et de la diversité génétique.
Sa surface se caractérise par son hétérogénéité paysagère, où convergent des montagnes, des glaciers, des vallées, des étangs et de grands lacs. Il tient son nom de trois formations granitiques emblématiques du parc, les Torres (Tours) del Paine, qui lui confèrent un fort attrait touristique. De nombreux chemins et refuges permettent d'en faire un lieu majeur de trekking.
La fréquentation du parc est en augmentation considérable chaque année : 8 338 en 1986, 41 402 en 1995, et 107 091 personnes l’ont visité en 2005, dont 78% d’étrangers. » Et c’est vrai que le lieu est devenu très à la mode ; depuis que je suis en Argentine, tous les gens que je croise en parlent : soit ils en reviennent, et ils décrivent l’endroit de façon dithyrambique, soit ils vont y aller, et attendent la visite avec impatience ! Il y a une sorte de « buzz » sur ce parc. Pour la marche, le Torres est devenu en quelques années une référence mondiale ! Le meilleur moyen de préparer ce trek, et de se rendre sur place, c’est d’aller à Puerto Natales, un joli petit village Chilien au bord d’une des excroissances de l’océan Pacifique en Patagonie Chilienne.
Nous passons la première journée à Puerto Natales pour préparer notre trek : location de tente et de sac de couchage, on peut tout louer, jusqu’aux chaussures de marche ; nous décidons de faire le tour classique du parc, en 4 jours et 3 nuits sur place.
Nous emportons toute la nourriture, car dans les rares refuges présents, c’est hors de prix. Comme pour le Fritz Roy, pas besoin de se charger en eau potable, toute l’eau de tous les cours d’eau et de tous les lacs dans le parc sont consommable.
J’ai eu des échos de la météo, qui peut s’avérer très changeante, avec des températures très basses même en ce début d’été ; je m’équipe donc d’un sac de couchage « North Face » pouvant aller jusqu’à – 18° !
Samedi 22 novembre, nous prenons le bus à 7h du matin, et arrivons dans le parc à 11h ; un coup de bateau sur un des lacs et nous arrivons au camp de Paine Grande, point de départ de notre trek ; nous pouvons enfin commencer à faire ce qui va être notre lot pendant 4 jours : marcher (7 à 8 heures par jour, avec 15 kg de sac sur le dos).
Petite présentation du Torres del Paine :
Pour schématiser, c’est un massif montagneux constitué de 3 chaines de monts, le tout entouré par des lacs d’eau pure, des vallées sauvages et des forêts magnifiques.
Premier jour : la vallée Grey ; le temps n’est pas au beau fixe ! Nuages menaçants, ondées fréquentes, vent violent ; mais mes premières impressions sont bonnes : ce lieu est sauvage, avec une nature toute puissante, et surtout, malgré l’absence de soleil, les paysages sont grandioses ! Nous progressons dans une première vallée. Encore un glacier ! Je vais me lasser ! La lumière est crépusculaire :
La vue depuis notre premier campement :
Cette première nuit fut, comment dire…froide : j’ai dormi entièrement habillé de mes vêtements polaires ; on a même eu de la neige !
Deuxième jour : le temps est toujours mauvais au réveil, mais le soleil perce peu à peu. On aperçoit enfin le mont Cumbre, sommet du parc avec ses 3050 mètres.
Nous redescendons vers le lac pour nous engager dans une autre vallée :
Non, je ne teste pas une nouvelle coiffure psychédélique ; mais j’aimerais bien vous y voir, de dormir avec un bonnet, et pas de douche le matin !!!
La chaîne des Cuernos del Paine se profile enfin :
Nous pénétrons dans la vallée des Français ; cela devient unique. Voilà la vue sur le côté gauche : le massif du cordon Olguin, avec ses deux glaciers ; on est dans les Andes ou les Alpes :
Voilà la vue sur le côté droit : c’est la chaîne des Cuernos del Paine, et cette fois-ci, on peut se croire dans le Grand Canyon ; vous remarquerez les deux roches de couleur différente :
Puis la vue sur la vallée et sur le fond de la vallée, avec le Lago Nordenskjold turquoise en point de mire :
C’est magique, je n’en crois pas mes yeux ! Nous campons pour notre 2ème nuit, et cette fois-ci, il fait beau et un peu moins froid ! La nuit arrive tard, vers 22h30, et le ciel est étoilé comme rarement j’ai vu !
3ème jour : nous longeons le Lago Nordenskjold une bonne partie de la journée :
Non, nous ne sommes pas dans le Connemara :
Il n’est pas rare d’apercevoir le seigneur des Andes, le Condor :
Nous remontons une 3ème vallée, celle du Torres del Paine :
Dernière nuit sous tente ; debout à 4h du mat pour voir le levé de soleil sur les trois tours du Torres del Paine ; 1 heure de marche de nuit à la frontale, en forte montée, puis le soleil perce enfin :
Normalement, les rayons orange du soleil à son levant colorent les trois tours claires du Torres ; malheureusement, les nuages sont déjà trop nombreux, et nous n’assisterons pas au prodige. Petite photo souvenir néanmoins :
Comme vous pouvez le voir, il fait légèrement froid ! Enfin, voilà le Torres avec un peu plus de soleil, plus tard dans la journée :
Nous redescendons tranquillement vers l’entrée du parc ; bus et retour à Puerto Natales.
Verdict : pour ma part, le Torres del Paine est sublime ; pour la marche, c’est comparable au Cirque de Mafate à La Réunion ; seul bémol, de plus en plus de monde ; le parc va bientôt saturer !
Mardi 18 novembre : je retrouve de vieilles connaissances : chapeau melon et bottes de cuir, Emma Peel & John Steed, soit Jo & Charly, mes camarades anglais ; grâce à la magie des emails, nous nous retrouvons à El Chalten, petite ville à 3 h de bus au nord de El Calafate.
Nous avons l’intention de faire deux jours de randonnée dans les environs du mont Fritz Roy, et El Chalten est la ville de départ pour ce trek. « Le cerro Fitz Roy, également connu sous le nom de cerro Chaltén est une montagne située dans le parc national Los Glaciares dans la province de Santa Cruz en Patagonie, près du village d'El Chaltén, à la frontière chilo-argentine. Son altitude est de 3 405 mètres.
Le nom Chaltén vient du mot mapuche qui signifie la montagne qui fume (dû aux fréquents nuages accrochés à son sommet) ; les Mapuches la considéraient comme une montagne sacrée. Le cerro Chaltén est le symbole de la province de Santa Cruz qui l'arbore sur ses armes. Perito Francisco Moreno l'appelle FitzRoy en 1877 en hommage à l'explorateur Robert FitzRoy. Il a été gravi pour la première fois par l'alpiniste français Lionel Terray accompagné de Guido Magnone en 1952.
En dépit de sa faible altitude, cette montagne est réputée comme étant la plus dure du monde. Le granite très compact requiert un haut niveau d'escalade et les conditions climatiques sont généralement extrêmes. De nos jours, des centaines de personnes peuvent escalader l'Everest le même jour alors que le cerro Fitz Roy ne sera grimpé qu'une fois dans l'année. » Je vous rassure, nous n’allons pas escalader le mont, mais seulement grimper jusqu’au pied de sa partie finale ; sans aucun danger ! Nous louons du matériel de camping pour passer une nuit sous tente. Nous sommes bien chargés, avec nos sacs de 15 kg sur le dos :
Nous sommes six : Johanna, Charly, moi, Brendan & Paul (absent de la photo), deux Iris Boys super sympas, et… oui, vous l’avez tous reconnu, en bleu sur la photo, Luke, le Terminator de Denver, Colorado, USA ! On l’a recroisé par hasard à El Chalten, et il s’est joint à nous ! Je vous rassure, il n’a pas changé, il est toujours, comment dire, « différent », et il nous a encore bien fait rire ! Nous rentrons dans une magnifique vallée :
Très vite, le FritzRoy apparait ; c’est le sommet avec le nuage dessus :
Nous grimpons sec la pente du massif ; voici le contre-champ de la vallée en face :
Nous arrivons au pied du Fritz Roy juste pour le coucher de soleil :
Nous passons ensuite la nuit au camp dans la vallée ; le lendemain, nous contournons tout le massif ; nous découvrons des paysages magnifiques et sauvages :
David Vincent les a pourtant vus, mais se ne sont pas les envahisseurs ; seulement un étrange nuage, caprice de la nature :
Oui, la plage est jolie, mais l’eau est à 4° ; baignade impossible :
Toute l’eau dans le parc est pure, non polluée, et donc potable ; nous portons seulement une toute petite gourde, que nous remplissons à chaque ruisseau ou lac que nous croisons ! Tiens, encore un glacier !
Luke, le Hulk du Colorado, et son physique de playboy :
Aujourd’hui, il fait grand beau : pas un nuage sur le Fritz Roy, et c’est rare :
Nous finissons par le cerro Torre, un autre mont culminant à plus de 3000 m :
Sur le côté droit, il y a encore un glacier qui se jette dans un lac (ça devient lassant !) :
(Johanna joue à la sirène sur son rocher !) 2 jours de soleil, 2 jours de marche, une nuit en tente, voilà pour ce petit entrainement dans l’optique du plat de résistance : le parc du Torres del Paine, au Chili !
Le glacier Perito Moreno : D’abord une petite vue depuis le promontoire en face :
On entend des bruits de tonnerre, c’est la glace qui se brise à l’intérieur du glacier ; il n’est pas rare de voir des morceaux de glace tombés dans l’eau, car le glacier est en progression ! Puis vue depuis le lac, sur un bateau :
Puis c’est le trek à proprement parlé : 6 heures de marche donc 4 sur le centre du glacier ; d’abord on marche sur le côté gauche, le long de la morène : 
Tiens, il y a un petit tournage documentaire par une équipe japonaise :
Il est temps de chausser les crampons (un peu antiquité comme matériel !) : 
Et puis, c’est parti ! 5 guides pour nous accompagner, et qui ouvrent la voie, contournent les dunes, évitent les crevasses, creusent des marches…
Et puis d’un seul coup, on arrive dans la partie centrale du glacier, plus plane, avec sa blancheur immaculée :
Il y a des ruisseaux d’eau pure :
Des lacs et des étangs bleu turquoise :
Malgré le soleil de plomb, l’arbre supporte la polaire :
Vendredi 14 novembre au soir, je prends le bus pour El Calafate (ne pas confondre avec El Cafayate, ville au sud de Salta) :
La mythique ruta 40 n’est pas encore vraiment ouverte, et donc je dois prendre la route de l’est, la ruta 3 ; le voyage dure….30 heures !!!
Depuis Esquel, il n’y a qu’une compagnie qui propose ce trajet, et ce n’est pas la meilleure du pays, c’est le moins que l’on puisse dire : bus sale et malodorant, pas de nourriture ou de boisson à bord, siège riquiqui. Mais le pire, c’est la clim à fond, alors qu’il fait 10° dehors ! Je ne sais pas ce qu’il s’est passé, mais on a gelé tout le voyage, c’était l’enfer ! Je ne vous dis pas l’état après 30 heures dans ces conditions ; j’étais, comment dire…dans mon jus !
Mais j’arrive enfin à El Calafate le samedi soir vers 23h, aux portes du parc national des glaciers ! C’est la parenthèse treks en montagne qui s’ouvre pour moi, avec le glacier de Perito Moreno à El Calafate, le Fritz Roy à El Chalten, et puis en bouquet final, le parc du Torres del Paine au Chili ! Tout d’abord, petite vue de la ville :
Que des maisons, des avenues larges, et surtout ce lac d’eau pure. Son avenue principale :
El Calafate doit sa notoriété au fait d'être la localité la plus proche, et donc la porte d'accès du parc national de los Glaciares (avec ses environs de grande importance touristique comme le Glacier Perito Moreno ou le pic du Fitz Roy). L'intendance du parc se trouve à El Calafate. La ville accueille donc beaucoup de touristes, et ça se voit : les prix sont plus élevés, les rues regorgent de boutiques de matériel et de fringues de montagne, de restaurants et de bars ; il y a beaucoup de voitures et de 4×4 ; mais cela reste mignon et bon esprit. Le parc de los Glaciares, qui débute à 60 km de la ville, englobe deux grands lacs d'origine glaciaire et quelques lacs plus réduits, ainsi que quelques montagnes mythiques, comme le Fitz Roy (ou Chaltén), de 3 405 m, et le Cerro Torre, de 3 102 m. Le nom du parc provient des nombreux glaciers qui aboutissent dans les lacs. Les plus connus sont : le glacier Perito Moreno, d'une incalculable valeur scénique, et facilement accessible en véhicule depuis El Calafate; Le glacier Upsala, le plus long et vaste de tous (1 000 km²), le glacier Spegazzini, uniquement accessible via lacustre, et les glaciers Mayo, Onelli, Agassiz, débouchant tous dans le lac Argentino. L'autre grand lac, le Viedma, reçoit le Glacier Viedma, provenant, comme tous les autres grands glaciers, des « hielos continentales sur », d'environ 10 000 km², qui en font la plus vaste calotte glaciaire continentale du globe.
Le climat est du type océanique frais, les vents du Pacifique étant fréquents. Ce climat humide, donc neigeux en altitude, explique le fait que les glaciers Perito Moreno et Spegazzini ne soient pas, contrairement au glacier Upsala, en recul, mais en légère progression, le fameux barrage de glace du Perito Moreno le montrant d'une spectaculaire façon.
Je m’installe dans une petite auberge pas trop chère, située dans le centre de Calafate ; j’ai encore la surprise de voir que les instructions dans l’hôtel sont inscrites en hébreu ! Et je remarque à nouveau que l’établissement est à moitié rempli de touristes Israéliens ! Ce n’est pas la première fois que je croise des Israéliens en Argentine ; j’ai dû en croiser une bonne cinquantaine, et à chaque fois, c’est toujours le même schéma : ce sont des groupes de jeunes (de 2 à 10 personnes), avec toujours la même tranche d’âge : autour de 24 ans ; je me demande depuis quelques semaines pourquoi toujours le même âge, pourquoi en groupe, et pourquoi l’Argentine. Je rencontre Gil, un de ces Israéliens voyageurs, qui me fournira toutes les réponses à mes questions : en Israël, le service militaire dure 2 ans pour les filles, et entre 3 et 5 ans (selon le grade d’officier ou non) pour les garçons ; généralement, les jeunes partent pour le service vers 20 ans ; la tradition veut qu’après ce service, la plupart des jeunes libérés (autour de 24 ans donc) partent quelques mois en voyage ; et les destinations premières sont l’Australie et la Nouvelle-Zélande, mais surtout…l’Amérique du sud (avec l’Argentine en point de mire, car la communauté juive est très importante, notamment à Buenos Aires, où ces jeunes ont souvent de la famille lointaine). La solde d’un jeune militaire Israélien étant très faible, tous ces voyages se font dans l’esprit « routard », en camping ou auberge de jeunesse ; je comprends maintenant la présence de tous ces Israéliens croisés sur mon chemin depuis 2 mois !
Mais retour au lundi 17 novembre, car durant cette journée, je fais un petit trek sur le glacier Perito Moreno, le plus célèbre du parc. Ah, me direz-vous, mais quel intérêt d’aller à l’autre bout du monde pour marcher sur un glacier, alors que je l’ai déjà fait de nombreuses fois dans les Alpes ? Oui, je répondrai, mais si dans les Alpes vous trouvez ceci, faites moi signe :
Un glacier de 14 km de long, de 250 km2, constitué de glace bleue et de neige immaculée, et qui se jette dans un lac minéral turquoise !
Un peu de suspense…
A la fin du XIXe siècle, les descendants des premiers immigrants gallois de la côte atlantique d’Argentine partirent à la recherche de terres moins arides jusqu’à la précordillère, et fondèrent la ville d’Esquel. Dans cette jolie vallée en forme de cuvette, quel que soit l’endroit où l'on regarde, il y a en face une colline. Pour des raisons de sol instable, on n'y a construit que des maisons d’un étage maximum. Esquel au fond de la cuvette :
Les paysages autour font vraiment penser au pays de Galles, ou à l’Irlande :
Avenues larges et maisons basses :
Et puis à Esquel, il y a la Trochita :
Petit train à vapeur réhabilité ; les rails font 50 cm de large ; les wagons sont en bois avec poêle :
Avant, le trajet faisait 400 km et traversait la Patagonie ; aujourd’hui, c’est un circuit touristique de 40 km entre Esquel et Nahuel Pan, petit village Mapuche (communauté indienne).
Je passe 2 jours tranquilles à Esquel ; un peu de marche, tout de même, sur les reliefs aux alentours ; le soir je rencontre des tas de gens sympas ! Par exemple ce couple du pays de Galles, venu ici pour découvrir les racines Galloises de la région (à Esquel ou à Trevelin, autre village à 20 kms d’ici, et fondé par des immigrés Gallois). Ils m’apprennent que les habitants d’origine galloise de la région parlent le patois gallois très pur d’il y a deux siècles, mais avec un fort accent argentin ! Un peu comme les Québécois avec le français.
Ils me racontent aussi cette anecdote : dans les années 90, lors d’un match de football amical entre le pays de Galles et l’Argentine, il n’y avait qu’un joueur sur le terrain à parler le Gallois, et c’était…Gabriele Batistuta, le célèbre butteur de l’équipe d’Argentine ! En effet, dans l’équipe du pays de Galles, aucun joueur n’avait appris la langue et ne la pratiquait, alors que Batigol ayant des parents d’origine galloise avait pu apprendre la langue.
Le deuxième jour, je visite le Parque National Los Alerces : 4ème parc du pays en taille, c’est aussi l’un des plus sauvages et vierges ! L’eau y est non polluée et complètement pure ; on peut d’ailleurs la boire partout ! Il y a très peu de sentiers ou chemins ; et puis il y a une forêt d’alerce, un arbre équivalant aux séquoias ; certains spécimens atteignent l’âge vénérable de 6000 ans !
Un Alerce de 2600 ans :
J’applique ma méthode habituelle sur ce voyage, depuis le départ de Buenos Aires : jamais plus de deux nuits au même endroit ; il est temps de quitter Esquel, pour descendre encore plus au sud, au fin fond de la Patagonie, afin de découvrir la région des glaciers !
Retour en Argentine !
La route entre Osorno et Bariloche est magnifique ; La région ressemble aux Alpes, mais aux Alpes d’il y a 300 ans : pas d’urbanisation, pas de construction, peu de route ; la nature est sauvage. Des lacs, des forêts de sapins, des montagnes enneigées :
Voici Bariloche, vue du bus en arrivant :
Chalets en bois, sapins, fondue et chocolat ; non, vous n’êtes pas dans les Alpes, en Suisse, ou en Autriche, mais en Argentine, à San Carlos de Bariloche. En hiver, c’est la station de ski chic des Argentins. Bariloche vit principalement du chocolat et du tourisme.
Son front de lac :
Ses rues commerçantes :
Centres commerciaux chics :
Et donc son industrie du chocolat :
Ne me demandez pas si le chocolat est bon, je n'en ai pas mangé ! On se croirait à Crans-Montana ou à Megève ! Vous comprenez que je ne fais qu’une brève halte dans la ville, et je repars très vite vers le sud au moyen d’un autre bus. C’est dommage pour la région autour qui méritait peut-être une visite approfondie, mais il y a vraiment trop de touristes à Bariloche, et de toute façon, il faut que je fasse des choix dans cette deuxième partie d voyage, car je n’ai plus assez de temps pour tout voir.
Me voilà donc reparti à la gare routière, où j’ai un peu de temps ; j’en profite pour voir grandir mes neveux (merci à internet, au portable et au wifi) :
Direction Esquel, à quelques 300 kms plus au sud.
Petit retour en arrière afin de parler de ma journée à Tigre, ville située à 30 km au nord de Buenos Aires. Depuis Tigre, on a accès à un immense delta fluvial, fruit de la confluence entre le Rio Parana et le Rio de La Plata ; c’est le mariage de la terre et de l’eau, une rencontre unique qui engendre un incroyable labyrinthe de voies d’eau et de canaux, serpentant au cœur d’une multitude d’iles et d’ilots. C’est une sorte de Venise en rase campagne. Les argentins en ont fait leur campagne résidentielle aquatique, en construisant une kyrielle de maisons, villas, résidences secondaires, certaines sans prétention, d’autres très luxueuses, quasi-hollywoodiennes. Et comme le delta fait 30 x 30 km, je vous laisse imaginer le nombre de canaux et de maisons !
A Tigre, il n’y a pas de voiture, et on circule en bateaux, notamment grâce à un réseau de transport en commun, des barques à moteur pilotées par des as de la navigation, qui se faufilent entre les différents canaux, les uns très larges, les autres beaucoup plus étroits !
Chaque maison possède son ponton en bois, et il suffit de se positionner dessus, de faire signe au bateau quand celui-ci arrive ; le pilote manœuvre et se colle contre le ponton, vous sautez dans l’embarcation et le tour est joué !
Le capitaine et sa famille préparant le Maté, la boisson nationale en Argentine :
La station service :
Pour ma part je suis allé jusqu’à l’île de Rama Blanca, où j’ai marché quelques heures à travers le marais, et où j’ai pu manger un morceau dans un restaurant ressemblant à… un chalet Suisse, et tenu par… une Allemande, (ça ne s’invente pas). Je viens au fin fond de l’Amérique du sud, et je me retrouve dans un paysage de campagne Suisse pour manger des spätzle !!! Va comprendre Charles !!!
Enfin la balade fut jolie et l’endroit assez tranquille.
Dimanche 9 novembre au soir, je débarque au terminal de bus de Santiago de Chile ; j’ai l’intention de prendre directement un autre bus pour Osorno, 900 km plus au sud (toujours au Chili), puis passer la cordillère de Andes et arriver en Argentine, à Bariloche. Il y a de nombreux bus de nuit prévus ; malheureusement, j’ai oublié un détail : on est dimanche soir, et j’ai beau essayer toutes les compagnies, plus une place de disponible ! Je dois donc, un peu frustré, passer une nuit et une journée à Santiago ; je prendrai mon bus demain soir ! Trouver un hôtel bon marché, sans guide du routard (je n’ai que celui d’Argentine, car le Chili n’était pas prévu), un dimanche soir dans une ville aussi vaste que Santiago fut un petit parcours du combattant ; je vous passe les détails, et finalement, au bout de 2 heures de lutte, je débarque avec mes bagages au Quita Hostel, en plein centre-ville ; je ne vois pas grand-chose de la ville ce premier soir : le temps de manger un bout (dans une sorte de cafétéria à l’américaine, il n’y avait que ça d’ouvert dans le coin), et il est déjà minuit ! Ma première impression de la ville de nuit n’est pas très bonne ! Heureusement je change d’avis le lendemain : je asse la journée à parcourir la ville sous un soleil de plomb et des températures frôlant les 35°, et je découvre vraiment la cité :
Beaucoup de grande avenue, de buildings :
Mon hôtel est à côté du parc Santa Lucia, qui est une butte en plein centre-ville, avec un jardin et un petit castle au sommet, et une vue magnifique sur tout le centre. L’entrée du parc :
Le sommet :
J’ai l’impression que c’est un lieu très important pour les Chiliens, car c’est le lieu historique où fut décidée la création de la ville : En 1540, Don Pedro de Valdivia, premier gouverneur de la province du Chili, débarque sur cette butte avec son état major et escorte, et décide que la ville de Santiago serait créée tout autour de la colline Santa Lucia ; une statue lui rend hommage au sommet :
On est bien petit en ce lieu, écrasé par le poids de l’histoire !
La vue sur la ville depuis le promontoire en haut du rocher :
Au premier plan, l’université catholique de Santiago, l’une des plus célèbre :
Vous remarquerez également la présence des Andes et de ses sommets enneigés au deuxième plan ! Autre vue de la ville, cette fois depuis le célèbre Cerro (mont) San Cristobal, au sommet duquel trône la vierge :
Durant la marche pour monter sur ce lieu célèbre de pèlerinage au Chili, je rencontre Javier, un Péruvien en week-end à Santiago ; Javier est chirurgien dentiste dans une grande clinique de Lima ; nous sympathisons et poursuivons la visite de la cité ensemble ; comme j’ai pris l’habitude dans les villes que je visite, petit tour au Mercado Central (magnifique avec ses verrière à la « Effel ») : Javier est à gauche avec la casquette.
Le Chili possède 6000 km de côte, et ça se voit :
Déjeuner dans une gargote du mercado, et comme à mon habitude depuis 4 jours, fruits de mer (en soupe cette fois-ci) :
Je découvre les rues piétonnes du centre, avec ses boutiques chics, ses cafés et restaurants « à l’Européenne », sa plaza de Arma, sa cathédrale magnifique, bref, une journée bien remplie ! Il est déjà 19 heures, et je dois courir au terminal de bus pour prendre mon autocar ! Je quitte Javier, après le traditionnel échange de mail (dorénavant, j’ai un pied-à-terre à Lima, et Javier en a un à Paris !). Une nuit de voyage jusqu’à Osorno, puis un autre bus le lendemain pour franchir les Andes, re-douane, et j’arrive vers 17h à San Carlos de Bariloche, dit Bariloche ; me voilà de retour en Argentine !








































































































































Commentaires récents